Premdath Sooreea : La consécration à 65 ans

June 21, 2008 · Print This Article

«L’homme est comme le bon vin. Il se bonifie en vieillissant.» Cet adage s’applique à Premdath Sooreea qui, à 65 ans, a remporté le disque de l’année 2007 en bhojpuri, concours de la chaîne radio Taal FM de la MBC.

Premdath Sooreea, auteur compositeur interprète, gagne ce concours pour la deuxième année consécutive. Du coup, il est devenu la vedette incontestée de son village, Petite-Cabane, qui est rattaché à Camp-de-Masque-Pavé.

Le concours était rude cette année, avec une vingtaine de titres proposés par des chanteurs beaucoup plus jeunes que lui. Mais la chanson romantique de Premdath Sooreea, Apan dil basa ke toke rakab amar jaan, était au-dessus du lot.

En 2006, le chanteur avait été consacré pour sa chanson Gamat kare jala. «La chanson est ma plus grande passion. Je ne passe pas un jour sans chanter. J’ai été primé à des concours à travers le pays au moins 27 fois.»

A 19 ans, Premdath Sooreea est initié à la chanson par le Guru Dochand Nathoo. Peu après, il commence à participer à des gamats (concours de chants en bhojpuri à la veille des mariages hindous). Il a un succès fou. «Il m’arrivait de chanter au moins une trentaine de chansons et le gamat se terminait à quatre heures du matin.»

Aujourd’hui, il ne participe plus aux gamats, mais il peut encore chanter une dixaine de chansons d’affilée tout en jouant de l’harmonium. Jusqu’à présent, il a sorti trois albums de chants en bhojpuri, Nana ke ketwa en 2003, Sooree ke gamat en 2006 et Khushyali en 2007.

«Pendant les fêtes de fin d’année, j’ai vendu moi-même mes albums sur CD et cassette dans les rues. Je suis reconnaissant à Ravind Sowambar du groupe Bhojpuri Baja Baje qui m’a permis d’enregistrer mes chansons dans son studio.»

Mariage arrangé

Premdath Sooreea a hérité de cette passion dévorante pour la chanson de son arrière-grand-père qui vient du Bihar. «Je ne suis jamais allé en Inde. J’espère pouvoir visiter le village de mes ancêtres un beau jour.»

Issu d’une famille nombreuse — il avait onze sœurs — il est devenu orphelin en bas âge. «C’est ma sœur aînée, aujourd’hui décédée, qui s’est occupée de moi comme une vraie mère. J’ai dû quitter Camp-de-Masque-Pavé pour aller vivre à Petit-Raffray. Après mon mariage, je suis revenu dans mon village natal. Aujourd’hui, il ne reste que moi et la benjamine dans la famille.»

Il ajoute que contrairement à ce que beaucoup de gens imaginent, il n’a pas rencontré celle qui allait devenir son épouse à une veillée de mariage. «C’était un mariage arrangé par des parents et des proches. Chandraotee vient de Camp-de-Masque-Pavé. J’avais alors 23 ans. Elle m’a toujours encouragée à poursuivre ma carrière dans la chanson. Je lui dois beaucoup.»

Ancien laboureur du gouvernement, Premdath Sooreea vit aujourd’hui entouré de sa famille, dont un garçon, quatre filles et douze petits-enfants. «Quatre de mes petits-fils s’intéressent à la chanson. Ils pourront assurer la relève…»

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