Patrice D’Avrincourt
June 21, 2008 · Print This Article
Celui qui jadis occupait le poste d’arrière-central de la Fire Brigade enflamme désormais les nuits electro. Patrice D’Avrincourt, ex-footballeur reconverti en pyromane des platines, est animé d’une passion communicative à l’antenne comme dans la vie. Itinéraire d’un homme passionné.
“Le foot mauricien a connu son apogée dans le passé. Maintenant, c’est le deejaying qui draine les foules.” Patrice d’Avrincourt anticipe ce mouvement depuis une décennie et dribble les notes au rythme electro. Question adrénaline : pas de manque ressenti. “Le foot et le deejaying m’apportent la même sensation. Je suis toujours aussi heureux de sentir vibrer la foule.” Entendre les clameurs des stades comme celles des pistes de dance… même combat ou plutôt même passion.
Patrice D’Avrincourt dit avoir toujours été en contact avec le deejaying. Ses souvenirs de jeunesse sont ceux d’un adolescent qui au collège se chargeait d’animer des fêtes estudiantines, d’un jeune homme qui balançait des décibels. Ses 40 ans sont à peine perceptibles sur son visage. Encore moins dans son attitude fougueuse. Pat, sur les ondes radios, semble éperdûment se moquer des affres du temps qui passe. “Pour moi, l’âge n’est pas un problème !”
Valton. Son téléphone n’arrête pas de sonner. Un texto et Patrice D’Avrincourt apprend une bonne nouvelle. Le voilà tonton frais émoulu ! Occasion rêvée pour évoquer son enfance dans ce village de Montagne Longue où il habite toujours. Plus précisément dans le quartier de Valton. Des souvenirs pleins la tête. Ceux de matches de foot avec ses potes sur un îlot de gazon au milieu des champs. Le deejay se dit un fou de foot. Autant que le fut son père quand ce dernier l’encouragea à intégrer le Racing Club, puis la Fire Brigade.
Montagne Longue, plus particulièrement son quartier de naissance, tient une place importante dans son cœur. Autant que son fils Sean, 16 ans, et sa fille Lætitia, 6 ans. Patrice D’Avrincourt concède que son but est de continuer à faire ce qu’il aime le plus longtemps possible et être en mesure d’accorder un maximum de temps à ses enfants. Au sujet de son emploi du temps de noctambule, le deejay confie : “C’est la seule chose qui est malheureux dans ma vie. Mais, je suis sûr que ça s’arrangera avec le temps…”
Retour dans le passé. Celui qui fut capitaine de la sélection Maurice inscrit un point final à sa carrière footballistique au niveau national en 1996 et laisse libre cours à son autre passion. On le retrouve, dès lors, mixant des tubes à l’Executive Club. Ce fut un des premiers maillons sonores de celui qui enchaînera les notes au fil de ses passages dans les meilleures boîtes du moment. Il se remémore la fin des nineties ainsi que de l’apparition des vibes House dans les soirées mauriciennes. Ce genre musical nouveau est alors loin de faire l’unanimité.
Techno. Le public se montre des plus conservateurs à l’égard des sonorités techno. Extrêmement controversées, car perçues comme une musique de débauchés, pour ne pas dire de drogués ! Les deejays sont contraints de prendre le mal en patience, convaincus d’être sur la bonne voie. Notre interlocuteur de remarquer que cette même House attire aujourd’hui une foule massive. Et de citer l’affluence du dernier concert de David Guetta… “qui n’est, cependant, pas le nec plus ultra”, dixit Patrice D’Avrincourt.
Références. Que le public réponde aussi favorablement est preuve que la House est une bonne musique, constate-t-il, en ajoutant que tout le monde se retrouve dans ce genre à travers des remix dont le propre est d’englober toutes les musiques du monde. Les créations de Vendetta, notamment, en attestent fortement. Notre interlocuteur ne cache pas son aversion pour le commercial. Ses références à lui s’appellent Armand Van Helden, Axwell et Dirty South.
Fusion. Lui se dit rocker dans l’âme. Les groupes desquelles son inspiration est puisée sont The Police, U2 et Pink Floyd, pour ne citer qu’eux. Ces sonorités sont malaxées d’electro. Dosées d’une essence parfumée années 80. Une fusion dans le creuset House. “Le set d’un deejay doit raconter une histoire qui invite le public dans son monde. Un deejay est créateur d’atmosphère. Un bon deejay sait raconter une histoire en musique et créer une osmose avec son audience.”
Son audience, c’est aussi à la radio que Patrice D’Avrincourt l’a trouvée voilà maintenant presque dix ans que sa voix résonne sur les fréquences hertziennes. Ses débuts radiophoniques sur une onde Fm sucrée en 97, à l’invite d’une certaine Marie-Michèle Étienne, sont encore et toujours une histoire de passion pour cet animateur qui clame avec fougue que rien ne vaut la peine sans passion. Sa force motrice pour avancer et enchaîner les notes de son histoire.
Far away from Ibiza
Ceux qui comparent la mouvance electro mauricienne à une mini-Ibiza ne savent pas de quoi ils parlent ! Patrice D’Avrincourt aka Mister Magoo ne passe pas par quatre chemins : Maurice est très loin d’être comparable ne serait-ce qu’à une micro-Ibiza. Le deejay dit, cependant, noter une évolution rapide de l’electro. Un mouvement trop rapide quand on passe de Gaudino à Tiësto. Une étape supérieure a été franchie. La courbe de niveau des deejays de passage à Maurice a grimpé en flèche. Mister Magoo espère que cette courbe ne chute pas aussi rapidement qu’elle est montée, en entraînant l’intérêt du public noctambule pour la House dans sa course.


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