Ghetto Vibes Actuality
February 27, 2008 · Print This Article
Le 2e album solo de Ben’z Blakka après Tchakaz Black est annoncé dans les bacs. Le grand Benoît du duo Monaster commente les actualités du ghetto dans Ghetto Vibes Actuality. Le quotidien y est distillé avec le soutien de nombreux featurings, dont Blakkayo et Double K.
Ben’z, diminutif de Benoît et Blakka, pour mieux revendiquer son ascendance africaine. Ce nom de scène est significatif du propos de celui qui, en duo avec Ultimatum Montana, clamait Black is beauty. Au moyen du dancehall et de ses multiples déclinaisons, Ben’z Blakka évoque dans ses disques les maux qui découlent d’une précarité perdurant dans les milieux pauvres. Une situation qui prévaut en dépit des dénonciations et autres prises de conscience suscitées par les artistes contemporains inscrits dans la mouvance ragga/dancehall.
Ghetto. Toujours sous cette thématique se décline le 2e opus solo de Ben’z Blakka, Ghetto Vibes Actuality. Ou une chronique sociétale musicalement animée par le chanteur de Goodlands. Celui-ci ne perd pas le nord et poursuit sur les sentiers monasteriens, dans la droite ligne des précédentes créations solos ou duettistes présentées en binôme avec son alter ego Ultimatum Montana. Lequel est au nombre des featurings pour commenter l’actualité du ghetto, si ce n’est celle de la société.
Observations. Éviter que ne s’installe le silence autour des conditions de vie précaires prévalant essentiellement dans la classe ouvrière ; les mettre à l’index dans le but de provoquer un sursaut chez ceux qui les subissent comme chez ceux qui laissent perdurer ces situations. Ainsi pourrait être sommairement résumé les neuf titres émaillant Ghetto Vibes Actuality. Ben’z Blakka souligne l’importance des textes qui se veulent un condensé de ses observations.
Facteur. Ses écrits sont autant de messages destinés à la population, distillés sur des rythmes ragga, dancehall, voire coupé-décalé ou zouk. Musicalité qui, couplée aux refrains, conduit l’auteur-interprète à la présente formule imagée : “Je suis le facteur qui apporte les messages. La musique est mon transport pour véhiculer mes paroles.” Beaucoup d’éléments poussent à penser que le chanteur est investi d’une sorte de mission à “vocation sociale.”
Société. “Mo la pou touss dimoun. Mo mett mwa dan lapo sak personaz ki dan mo bann sante.” Les réalités mauriciennes demeurent aussi sa principale source d’inspiration. Ben’z Blakka dénonce l’exploitation des ouvriers des chantiers et fustige les mauvais payeurs ainsi que les problèmes qui interviennent dans la cellule familiale. Est aussi mis en parole ce qui est qualifié “d’irresponsabilité” face au SIDA, à l’heure où les dépistages sont effectués gratuitement. Après “ena malad ladan”, on entend à présent “mett to bone.”
Musicalité. Ghetto Vibes Actuality restitue une identité musicale propre à Ben’z Blakka, qui reste fidèle au registre de ses précédentes créations. Une musicalité fortement axée sur un dancehall mâtiné de sonorités et de rythmes aux accents africains pour ne pas dire world music. Sans oublier le côté jamaïcain de ses riddims et autres influences citées plus haut et auxquelles s’ajoutent aussi hip hop et soukouss.
Facteur. Autant des styles dans lesquels Ben’z saute à pieds joints. Nombre de ses amis artistes issus des ghettos sont aussi invités à poser leur voix sur cette galette, qui s’en trouve vocalement enrichie (voir hors-texte). Des invitations à partager avec lui, le facteur, des messages à l’adresse du public.
À propos de l’album
Le 2e album solo de Ben’z Blakka réunit une belle brochette d’artistes issus de la mouvance ragga/dancehall : Double K, Mr Snype, Ultimatum, Blakkayo ainsi que Precious. Outre la démarche artistique que représente la réunion de ces voix sur un même disque, Ben’z Blakka dit avoir sollicité la participation de ces chanteurs dans une sorte d’élan de solidarité entre artistes mauriciens pour l’avancement de la culture. Ghetto Vibes Actuality est produit par Grace Records et arrangé par Michel Nany.


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