Roots of Cassiya

October 4, 2007 · Print This Article

Cassiya, c’est pour le 27 octobre au Stade Sir Gaëtan Duval de Rose-Hill à partir de 19h30. Après le dernier renvoi, la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill rassure et devient l’un des partenaires du concert. Entre-temps, réunis le temps de ce projet, les membres du groupe revivent le passé avec émotion. La symbiose est palpable : ce concert, annoncent-ils, sera un événement.

La chanson (Ici kot nou été Théâtre St Gilles, île de La Réunion, 2003) raconte cette formidable histoire qui avait commencé : “Dan coin la ri.” C’était à Cassis : “Enn ti l’endroit à l’île Maurice.” “Labitid ki nou ena, tou lé temps avec nou la guitare (…) Nou ti composé, nou ti zoué, nou ti amizé entre nou mem. Mé en mêm temp en travail ti dérouler.” Depuis, il y a eu tellement de bons souvenirs. Comme cette fois où dans l’autobus qui les ramenait de leur dernier jour d’enregistrement en studio, chacun s’amusait à lancer des propositions. Et puis, “Alain (Ramanisum) a suggéré Cassiya”. Nous sommes tous tombés d’accord sur ce nom”, raconte Désiré François. C’était en 1993. Quelque temps après, Séparation devenait le premier chapitre d’une légende de l’océan Indien.

Première. Lorsque le titre éponyme de ce premier album a été joué à la radio, Alain Lafleur se rappelle de l’émotion qu’il avait ressentie : “C’était la première fois que je nous entendais passer à la radio…” Plus tard, lorsque le groupe embarque pour Rodrigues, se souvient Alain Ramanisum, “c’était un événement : nos proches s’étaient organisés pour venir nous déposer à l’aéroport. Il y avait plein de monde pour nous dire au revoir ! C’était la première fois que nous prenions l’avion.” Il n’y avait pas eu que ça, rires ! À Rodrigues, Cassiya avait aussi “triyé diriz, gratte poissons.” Comme dans le passé, c’est dans le jardin de Les Salines que le rendez-vous a été donné pour la séance photo. Pour ces enfants de Cassis, il n’y a jamais eu de meilleur cadre. Gérard Louis rappelle qu’à l’époque, les membres du groupe y venaient régulièrement pour rencontrer leurs fans. C’était presque une tradition du groupe : “Nous le faisions pour être avec eux et pour être à leur écoute. Zot rappel…?”

Originaux. Les anecdotes qui s’entremêlent et les sourires complices précisent que personne n’a oublié. Entre les quatre “originaux” de Cassiya “roots”, la préparation de leur prochain concert est inévitablement un moment d’émotion, de souvenirs et de nostalgie. Des sentiments qu’ils cherchent aujourd’hui à partager avec le public. Le concert qu’ils préparent se veut “égal”, voire “mieux” que ce qu’ils ont offert en live jusqu’ici. Et pourtant, les concerts de Cassiya - dont ceux donnés à la Citadelle, quelques années de cela - restent parmi les grands souvenirs de la musique mauricienne. “Nous devons bien cela à notre public. C’est grâce à eux que nous avons pu nous positionner”, dit Désiré François pour expliquer l’état d’esprit dans lequel ils se sont placés quand une réunification, le temps d’un album et d’un concert, a été décidée. “Nous ferons tout pour rattraper ces dernières années d’absence”, promet Alain Lafleur.

La dernière fois où Cassiya avait fait la fête avec ses fans, c’était en 1993 dans un magnifique concert donné à la Citadelle. “C’est parce que nous avions voulu revivre cette époque que nous avons décidé de cette collaboration”, confie Alain Ramanisum. Mais, juste après, il est convenu que chacun reprendra sa route. Lui-même retourne vers Ravana, les autres vers leurs projets en individuel. Le Concert Nou amizé séga Cassiya est une occasion unique. “Nous espérons que ceux qui y seront présents ressentiront les mêmes vibrations que nous”, souhaite Gérard Louis.

Préparation. Les reports successifs de la date du concert sont, certes, venus grandement perturber le calendrier des uns et des autres, mais, quelque part, ils pourront servir pour une préparation davantage élaborée du spectacle. Comme cela avait été le cas pour leur dernier album, la reprise du travail ensemble n’a pas été difficile. Presque automatiquement, ces réflexes et cette complémentarité, qui avaient permis à Cassiya de voler haut, sont revenus. “Nous avons joué ensemble pendant si longtemps…”, dit Alain Ramanisum. Les quatre membres du groupe seront accompagnés d’une vingtaine de personnes, choristes et musiciens. Les danseurs du Feeling Group Dance seront aussi du spectacle. Nou amizé séga Cassiya sera un concert sans cuivre qui ramènera vers le Cassiya des premières heures.

Plus loin qu’une formation musicale qui a porté la musique mauricienne jusque sur les plus grandes scènes d’Europe, Cassiya c’est aussi un chapitre entier dans l’histoire du séga. De 1993 à 2003, à travers Séparation, Cassiya 2 (1994), Ici kot nou été (1995), Naryé pa éfasé (1997), Racine la vie (2000), Le Morne (2001), Cyomboli (2002), chacun de ses albums a fait l’événement, plusieurs de leurs titres étant d’ailleurs des tubes. Concert Nou amizé séga Cassiya sera l’occasion de vivre tous ces grands moments. L’événement, en effet, sera un Best of du groupe.

Renvoi

C’est une véritable poisse qui s’acharne contre Cassiya depuis qu’il a annoncé ce concert. Initialement prévu pour la fin d’août, il a été renvoyé à plusieurs reprises, le groupe butant contre des hésitations de la part des autorités. Après les difficultés rencontrées pour organiser ce concert à la Citadelle, Cassiya s’était tourné vers la municipalité de Rose-Hill qui lui avait permis de croire que le projet pourrait enfin se concrétiser le 13 octobre. D’où l’annonce faite la semaine dernière. Mais, juste après, des représentants d’associations tamoules ont fait entendre leurs appréhensions, la fête Govinden étant pour le 14 octobre. C’est dans une ambiance cordiale, dit Gérard Louis, que les différentes parties se sont rencontrées. Et c’est lors de cette réunion que le renvoi du concert pour le 27 octobre a été décidé. Cette fois, la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill a décidé de devenir un des partenaires du concert.

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