Vibrasyon sega de Mario Justin
June 22, 2006 · Print This Article
Leader du groupe Zot Sa, Mario Justin présente son premier album solo, Bouk emiser. Un disque comptant plusieurs reprises remises au goût du jour par le chanteur/pianiste.
Il est un fait depuis des années qu’en matière de séga, Zot Sa est un groupe incontournable. Avec Mario Justin en chef de file, cette formation portlouisienne est parmi les groupes de l’île ayant produit le plus d’albums séga et comptabilisé les plus grosses ventes. Les disques du groupe et de Nancy Dérougère ont suffi pour attester la popularité de Zot Sa. Aujourd’hui, JM (Justin Mario) franchit le cap et propose son premier solo, Bouk emiser. Un album “full faya” avec du séga à vous faire chavirer.
Ambiance. D’entrée, l’album est énergique. Avec Gros sega, Mario donne le ton. Évoquant des sujets sérieux sur un ton joyeux, “dans le langage du peuple”, JM donne au séga une couleur particulière. Avec Bater Bis, il brosse un portrait typique de ceux qui “pouna pou nanien”, soutenu par une musique puissante et vivante ainsi que par la voix de Nancy Dérougère.
Sur Souvenir, du défunt Gérard Bacorilall, JM, en duo avec Nancy Dérougère, dévoile une autre approche de cette composition. “J’ai voulu reprendre des chansons qui m’ont marqué et les retravailler à ma sauce. Avec la musique de Zot Sa”, dit-il. On retrouve aussi une reprise de Nouvo Vibes de T-East ainsi qu’une de Letan Lontan, de John Kenneth Nelson. Bouk emiser comprend également quelques compositions de JM.
Le titre éponyme propose une combinaison intéressante entre JM et Don Panik, la révélation du ragga/dancehall, qui fera encore parler de lui sous peu. Du ragga sur un rythme séga pour dénoncer “bann seki mett lakle fer blanc ar dimoun”.
Vivant. Évoquant la situation du séga sur le marché du disque, Mario Justin demeure confiant quant à l’avenir de cette musique. Malgré la vague déferlante du ragga/reggae, il est convaincu que le séga est une musique qui ne mourra pas. “Le Mauricien a encore besoin de cette chaleur et cette ambiance que procure le séga.” Et pour preuve, il confie que son groupe existe et perdure, ne dépendant que de cette musique. Dix ans qu’il arrive à vivre de son art malgré le piratage et un marché de plus en plus réticent et difficile. “Mem apre mwa, sega pou enkor la”, dit-il.
Dans le même optique, il constate qu’il faut produire des disques de qualité qui correspondent à l’attente du public. “Bizin kapav donn lepep seki li kontan, seki li anvi.”
Histoire. S’attardant sur le sujet, il fait ressortir que l’histoire du séga a été mal racontée. On ne fait que montrer le côté le plus “vendable” de cette culture. Un aspect érotique, selon le chanteur, recherché par les étrangers. “On expose ce cachet aux touristes aux dépens de la vraie culture du séga.” Comme le disait Kaya : “Si sega la mo kiltir, na pa sa sega ki to pe zoue la… Na pas fer mwa krwar sega zip en ler mo kiltir…” Un texte qui reflète parfaitement la pensée de Mario Justin.
Mauritian Groove
Dans le cadre de la fête de la musique ainsi que du lancement de son album solo, Mario Justin, leader du groupe Zot Sa, organise un concert gratuit, le 25 juin. Concert qui se tiendra à la place taxi de Ste Croix, à partir de 18h. Avec la participation de divers groupes locaux, Dagger Kila OSB, Senfoni, Alain Ramanisum, Nancy Dérougère, Alain Auriant, Ram Joganah, Nitish Joganah, Gervais Grivon, Rico Clair, Clarel Armel et Don Panik. Ces artistes seront accompagnés par le groupe Zot Sa.
Bouk emiser
L’album a été produit par Zot Sa et la prise de son effectuée au studio Scorpio par Jalill, Shy et Steevie ainsi que par Jonathan, Boyzini et Michel Nany au studio de ce dernier. Le mixage est de Richard Hein (Kapricorn studio). Mario Justin et Jean Luc Clair signent l’arrangement. La conception graphique est de Paradize Burning (Jimmy et Brian Veerapin).


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