TRIOCO V -Magna Carta… ou l’obsession d’un bourgeois
May 12, 2006 · Print This Article
Trioco ne finit pas d’innover. Dans son 5e opus, la bande de joyeux lurons s’attaque au feuilleton avec Magna Carta. Alexandre le Gros poursuit sa conquête, flanqué de ses frangins of coaltar. Sur la route du succès, des disciples se rallient au trio pour cette nouvelle aventure.
Bourge. Dans le genre casse-bonbon, difficile de trouver mieux que le gentilhomme Wilfrid de Buckingham. Ce bourgeois tyrannique ne jure que par son Magna Carta. Littéralement, une grande charte où sont consignées les règles qui régissent le village balnéaire dont il est le proprio. Gare à ceux qui les transgressent !
Obsession. Soupe au lait Wilfrid de Buck’ mène son domaine à la baguette. Des pancartes sont plantées partout dans le jardin pour rappeler les restrictions, ou plutôt les obsessions, du maître : propreté, ponctualité, bienséance, correction vestimentaire… bref, tout un tas de trucs dignes d’un camp d’entraînement militaire amerloque !
Exécrable. Masifone, soubrette de service et fieffée pipelette, férue de téléphone portable, ainsi que Jeffrey, le languide jardinier, font copieusement les frais de leur exécrable patron. Les locataires en prennent aussi pour leur grade. Wilfrid de Buck’ a beau être riche, mais n’en est pas moins avare. Intraitable sur le paiement du loyer, il pousse le vice jusqu’à contrôler le nombre de fois où le vieux Zefirin tire la chasse d’eau.
Zombie. Le précieux personnage distribue ses remontrances dans un risible créole bourgeois francisé à souhait. Mais, tout grand seigneur qu’il est, de Buck’ a néanmoins un point faible : quand il s’énerve un peu trop, sa lucidité le lâche. Il rentre dans un état de zombie. Le petit monde qu’il tyrannise peut alors prendre sa revanche… Il a beau essayé de se mettre au zen perché sur un arbre, mais sa nature irascible prend invariablement le pas. Cela donne lieu à des situations où le rire pend toujours au nez.
Professionnalisme. Le talent burlesque de Trioco n’est plus à démontrer. En revanche, il est clair dans Magna Carta qu’un cap a été franchi vers plus de professionnalisme tant au niveau de la mise en scène, de la réalisation, du script que dans le jeu d’acteurs. Les outrances que commande parfois le jeu théâtral semblent se résorber peu à peu pour atteindre le naturel qu’exige la caméra. L’apparition d’autres personnages n’est sans doute pas étrangère à cela. Un cachet moins gaguesque est conféré au cinquième tome de Trioco.
Feuilleton. Le jeu en retenue et non moins drôle de Joëlle Buckland et Garen Sakir sont à retenir. Ces deux nouveaux membres de Trioco étaient déjà présents sur le quatrième opus Ti-Vitesse. La crédibilité de Martine Charrie face à la caméra est on ne peut plus convaincante dans le personnage d’Hermancia, jeune femme dynamique et indépendante que le public découvrira en visionnant les deux épisodes de Magna Carta… car évidemment, on ne vous a pas tout dit plus haut ! La présence d’Olga Savannah, que l’on a vue dans la série Mon cher Georges, marque davantage le tournant amorcé vers le feuilleton.
Résultat. Le rire caractéristique de Trioco reste toujours présent à l’écran, mais tout porte à croire que la bande d’Alexandre Martin n’a pas voulu, cette fois, tomber dans une trop grande facilité comme cela a pu être le cas précédemment. Le résultat n’en est que meilleur, même si, parfois, des relents de ce gros rire indécrottable reviennent dans quelques séquences. Mais bon, il faut bien faire plaisir à tout le monde. S’il y en a qui aime ce genre d’humour, on ne va tout de même pas le leur reprocher !

Dans l’ensemble, les deux premiers épisodes de la série Magna Carta augurent un produit de meilleure qualité. Trioco travaille déjà sur l’écriture de la suite, mais entre-temps attend la réaction du public avant de réellement aller de l’avant. Il n’y a plus qu’à espérer que le public suive. Magna Carta est en vente à Rs 150 aux points de vente habituels. Achetez-le !


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