Ragga/Dancehall : Panik attaque
July 27, 2006 · Print This Article
Artiste en constante ascension, Don Panik confirme son potentiel sur un premier disque à la couleur du ragga dancehall. Lyrical bad man confirme tout le bien qu’on pensait de son auteur.

Les amateurs de ragga le connaissent depuis longtemps. Don Panik, de son vrai nom Steward Nicolas, a fait ses premières armes au sein du collectif rap Union Tribal Clan (UTC), de la Résidence Kennedy, puis s’est tourné vers le ragga avec le duo 102 Rébellion, avec Stéphan Ravaton (Lion Kklash). La séparation des deux artistes quelque temps après n’allait pas atténuer son ardeur. En solo, Don Panik est revenu à la charge sur la compilation Solda + Mwadkka, du combo Solda Kkaz Bad mené par Blakkayo et Dagger Kila. Sur Fait Divers (feat. Blakkayo), Don Panik gravit les échelons et monte en puissance avec un jeu de mots incisif.
Rimes en force. Il est un fait qu’on ne peut nier : Don Panik est un des meilleurs “rimeurs”, au sens positif du terme, dans le domaine local. Son jeu de mots n’a pas d’égal. Il est, sans exagération aucune, le Rohff de la scène locale. “Un spécialiste de l’allitération chirurgicale, accoucheur de gimmicks sanguinolentes.” Avec Lyrical bad man, Don Panik donne au ragga/dancehall mauricien une modernité incisive, une épaisseur singulière. Sa musique est loin de ces sons nasillards de vieux disques. L’artiste s’élance sur la vague de la musique actuelle. Il arrive même à éviter le piège du répétitif, surtout au niveau de la mélodie. Sur cet album, les rimes dansent, sautent et virevoltent sur les notes avec délectation.
Ghetto man. Avec le single Prometer (feat. Trioco), Don Panik avait donné des signes forts de sa préférence musicale. Avec des rimes qui bousculent et fustigent un système archi-dénoncé, il voulait être “la voix du ghetto”. Rappeur confirmé, il a su prouver avec son jeu de mots qu’il en a le niveau. Aujourd’hui, il se considère plus comme un faiseur de rimes. “Cet album a été bâti sur les rimes. Sans les rimes, il n’y a pa de Panik”, dit-il
Mix attitude. Porté sur le flot du ragga/dancehall, Lyrical bad man est un titre qui colle bien à l’auteur de ce disque. Avec l’assistance de Jean-Marc Constance à l’arrangement, Don Panik livre un creuset de styles musicaux avec le dancehall comme fil rouge. Tout tourne autour de cette musique. Le rappeur/toaster distille d’autres sonorités, notamment de la bossa et du bangra dancehall… L’ouragan Don Panik n’est pas prêt de perdre de sa puissance en cours de route. Toutefois, il doit se garder d’attraper la grosse tête et avoir les pieds bien sur terre.
Influences. Pour réaliser cet album, Don Panik avoue avoir été inspiré par divers artistes de différents milieux. C’est ainsi qu’on y retrouve du hip-hop, du reggae, du nayabingi… “Ce sont des artistes comme Saël, Anthony B, Admiral T, I Am qui m’ont inspiré et influencé dans la voie que je poursuis aujourd’hui”, souligne Steward Nicolas. L’album dans son ensemble traite de sujets relatifs à la vie de ghetto. Ce disque, souligne l’auteur, a nécessité beaucoup de travail, de recherche musicale et de bons mots. “Chaque thème que j’écris est avant tout un combat de rimes”, dit-il.
Feat. Pour ce voyage musical, Don Panik s’est entouré de quelques amis pour des featurings intéressants. On retrouve Master Kool B (Bruno Raya) sur Hypokrit, Tikkenzo (Escobar) sur Ti fey, ainsi que Steeve (Nation) sur Mama et le collectif Bois Marron. “C’est dans un esprit de positivité que cet album a été construit. Ces frères artistiques ont apporté leur soutien et leur sincérité à la réalisation de ce projet”, dit Don Panik.
Sista Jubilé. Jeune et prometteuse, Dorothy Desveaux, dite Sista Jubilé, comme nous l’avions évoqué lors de la sortie de Prometer, montre des signes qui ne trompent pas. Sur Lyrical bad man, elle dévoile encore plus son talent, surtout sur la chanson J’aime la dancehall. Découverte par Don Panik, cette chanteuse, avec un peu plus de maîtrise et de variation vocale, peut prétendre à plus que des chœurs. “Je lui dis un grand merci pour son soutien à la concrétisation de Lyrical bad man”, lance Don Panik. Sista Jubilé chante sur tous les titres du présent album.
Thanks & praise. Avant d’arriver à l’enregistrement de ce disque, Don Panik a dû traverser des obstacles invisibles et, de galère en galère, il a trouvé la bonne voie. Sans l’aide de ses proches, dit-il, le projet n’aurait pu voir le jour. Outre les artistes figurant sur son album, il tient à remercier Dagger Kila et Blakkayo : “Zot inn amenn enn gran evolisyon dan lamizik-la”. Il fait aussi un Big Up à Isabelle L’étendrie et à sa mère.
L’album Lyrical bad man devrait être dans les bacs ce week-end et sera en vente chez tous les disquaires.
Lancement
Don Panik procédera au lancement de son album ce vendredi 28 juillet lors d’une soirée musicale à la Résidence Kennedy, Quatre-Bornes. Le lancement se tiendra au Complexe Municipal. Ce concert est réalisé avec la collaboration de l’association citoyens Résidence Kennedy, dirigé par Seeven Seeloye. La soirée débutera à 19h et verra la participation du groupe Senfoni, de Micheal Argot et Hansley Antoine, de Gong Style, qui vient tout juste de lancer son premier album, et d’un invité surprise de marque. Don Panik clôturera ce “concert énergique” avec Sista Jubilé ainsi que les autres participants de Lyrical bad man, notamment Master Kool B et Tikkenzo (Escobar). Lors de son passage, Don Panik sera accompagné par 102 Rebellion Crew, groupe de danseurs composé de Christopher, Elora, Nicolas et Melissa.


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