Latanier suit son cours

June 16, 2006 · Print This Article

Vient de sortir Lapo Tanbour, Dernier album en date du Grup Latanier. Les frères Joganah donnent de la voix aux côtés de leurs acolytes. Sont aussi présents Zul Ramiah et Bruno Malcolm.

Lapo Tanbour est un album de cinq titres qui sonnent résolument Latanier du début à la fin. Comme l’indique son titre, ce présent opus fait la part belle aux instruments de percussion traditionnels. Tandis que les paroles, une fois de plus, sont engagées sur un plan social bien que tirant aussi vers un discours écologique.

Message. La chanson-phare de l’album a pour titre Chikungunya. Un mal qui, selon Ram Joganah, est un signe que la nature envoie à l’homme. Le titre kalamite ne fait que renforcer cette idée tandis qu’appel est fait à la solidarité pour lutter contre l’épidémie. Un message réaffirmé dans le morceau intitulé Gina Gina qui prône l’unité et l’entraide nationale. Les autres morceaux de l’album sont Dan lavi et Lapo Tanbour, titre éponyme de l’album.

Musique. Interrogé quant à l’innovation relative du groupe au niveau musical, Ram Jonagah décrypte la musique de Latanier afin de mieux faire comprendre le travail de recherche et de métissage du groupe. Il explique qu’il existe un type de battement de la ravanne propre à Latanier. Dans un esprit de fusion, Lapo tanbour mélange ce rythme à celui des Chagossiens qui ont un style bien à eux. Le métissage va plus loin quand le guitariste gratte une rythmique seggae et que le tout est relevé d’une instrumentation orientale. Le résultat : une sonorité griffée reconnaissable entre mille.

Boyo. Une innovation vient toutefois colorer certains morceaux d’une résonance peu commune. Une nuance sonore due au boyo. Pas la peine de chercher dans le dictionnaire de musicologie. Cet instrument n’y est pas. Il s’agit d’un instrument artisanal élaboré par le groupe à partir d’un buoy coupé en deux. L’hémisphère obtenu est recouvert de peau de chevreau (le fameux lapo cabri) et sert, donc, de caisse de résonance. Le boyo se joue avec deux baguettes de bois légèrement retourné à l’extrémité et produit un son proche du roulère de nos voisins réunionnais.

Si le boyo est discrètement utilisé au fil de l’album, l’on note, toutefois, que la musique ainsi que les paroles de Latanier entraînent comme une berceuse d’une chanson à une autre plus ou moins agréablement… pour peu d’être fan du genre. Dans le cas contraire, l’album prend dans l’ensemble des allures de déjà-entendu.

L’album

La conception est signée le groupe Latanier. Ram Jonanah s’est attelé à l’écriture et à la composition sur la plupart des titres, sauf pour le morceau Dan Lavi qui est de Govinda Coollen. Aux côtés des frères Joganah, sont présents Zul Ramiah et Bruno Malcolm sur le morceau Kalamite. L’arrangement musical est de Henry Kong et a été fait au studio Scorpio. Lapo Tanbour est produit par Tanbour des Zil.

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