Eko Rod : Métissage rodriguais

March 27, 2006 · Print This Article

eco rodInvité dans le cadre de la fête culturelle marquant le 38e anniversaire de l’indépendance du pays, le groupe Eko Rod, de Rodrigues, en profite pour présenter son album et évoquer l’évolution musicale dans son île.

Eko Rod est le genre de groupe qui se rattache à la tradition musicale mais qui se donne aussi le droit de s’aventurer ailleurs, pour voir comment ça bouge. Malaxer les sons, unir des rythmes pour donner vie à une autre sonorité prenant racine dans les terres rodriguaises. Dans cette entreprise, la conservation de la base traditionnelle est un point essentiel pour la formation rodriguaise. Eko Rod veut être, avec sa musicalité particulière, l’écho de l’île Rodrigues. L’écho aussi d’une musique moderne venant de cette île.

Formé en 2004, Eko Rod sort de l’ombre avec son album Jouer et danser la musique rodriguaise !. Un disque fusion, avec la musique de Rodrigues mené par Macdonald Farla et son accordéon… Avec cette musicalité métissée et rythmée, le groupe séduit plus d’un. La chanson Banane, consacrée séga de l’année à Rodrigues, confirme l’acceptation du peuple de cette île pour ce genre nouveau. Durant cette même année, le groupe participe au Festival Sakifo, à l’île de La Réunion, ainsi qu’au Festival Kreol, à Rodrigues.

Fusion. Ce brassage de sons qui agace les défenseurs de la musique traditionnelle rodriguaise n’a pas empêché Eko Rod d’avancer dans cette direction. Le but est d’amener le son rodriguais vers une dimension régionale, voire internationale. Se servir des bases musicales de son pays et les mélanger avec d’autres influences pour en faire un son universel. Ce pari, le groupe l’a remporté. Eko Rod est aussi devenu le pionnier d’une musique révolutionnaire dans le contexte rodriguais. “Depuis qu’on a proposé ce mélange à notre peuple d’autres groupes ont suivi la même voie…”, explique Vallen Pierre-Louis, le leader d’Eko Rod.

Cette tendance a aussi donné des ailes à la musique traditionnelle, souligne-t-il. Boudée pendant des années, elle revient en force avec une allure nouvelle. Plus vivante et plus en rythme. Bref, dans l’air du temps. Et le public est réceptif. “On retrouve de plus en plus de Bal Zarico les dimanches”, dit-il.

Évolution. Le souci d’Eko Rod d’aller toujours vers l’originalité et d’œuvrer pour la qualité ainsi que la créativité est motivé par les exigences d’un marché qui devient de plus en plus difficile. Le Rodriguais devient exigeant. Amateur de musique rythmée, il n’achète plus des disques aussi facilement que jadis même si l’ambiance est au rendez-vous. “Le public mise aussi sur la qualité et la créativité artistique”, explique Jean-Noël Armand, guitariste d’Eko Rod. Que ce soit sur le fond musical ou le contenu des textes, le public ne se laisse plus berner, ajoute le guitariste. “C’est pourquoi on doit s’appliquer et aller vers une musicalité plus soignée. De plus, le public rodriguais, dit-on, n’aime que du live : le play-back ne lui inspire rien”, ajoute Jean-Noël Armand.

Comments

Got something to say?