Bilan: musique 2005
January 16, 2006 · Print This Article
Nouveaux sons
L’année 2005 a été riche en nouveaux sons. C’est ce qu’on peut dire en parcourant les albums sortis cette année. Outre l’incontournable sega national, le seggae s’est réveillé, sans pour autant convaincre, à part, sans doute, Ras Minik ek Kool Is I. Mais, la créativité était ailleurs… chez ceux qui ont choisi d’autres rythmes et qui ont privilégié la recherche. Richard Hein et Olivier Nina partagent leurs points de vue sur ce sujet.
Parlons, d’abord, de l’étonnant succès de King avec son techno spirituel. En un morceau, il a su conquérir le public et se faire une place au soleil. Ou encore d’Evoloziq, finaliste malheureux à Rêve de Star plebiscité par les auditeurs sur les différentes radios et se retrouvant même sur la liste des meilleurs chansons de l’année. Mais, il y a eu plus que cela. “À mon avis, l’artiste qui ne cesse de progresser est Damien Élisa. J’ai été au concert Blues dan Jazz et j’ai été étonné de voir que les gens connaissaient toutes ses chansons. Voilà l’exemple de quelqu’un qui n’a pas peur de faire autre chose que du commercial… il mérite d’être encouragé, de même que le groupe Crossbreed qui a beaucoup de potentiel”, dit Richard Hein, du Studio Kapricorn.
Ouverture. Un avis partagé par Olivier Nina, animateur radio à la MBC et Entertainment Officer au Port-Louis Waterfront. “La musique locale, ce n’est pas que du séga. Je n’ai rien contre le séga, mais je dis qu’il faut pouvoir faire de la place aux autres. À ceux qui font de la musique non commerciale. Je citerai des gens comme Damien Élisa, Kama Moja, le groupe Sept qu’on a découvert à Rêve de Star, Bernard Barbe, les frères Thomas, Ernest Wiehe ou encore Christophe Rey. Une initiative que j’ai apprécié, c’est la compilation French Kiss, sur laquelle figure le morceau Je t’aime encore, d’Alain Auriant, que les gens devraient prendre le temps de découvrir. Je considère également une bonne chose que Sandra Mayotte ait choisi d’enregistrer Parenthèse. Il ne faut pas se concentrer uniquement sur séga, seggae et reggae. Nous sommes tellement mélangés que notre musique aussi est mélangée ! Il faut pouvoir s’ouvrir aux autres styles…”
Concours. Dans ce contexte, Richard Hein estime que l’initiative d’IBL d’organiser pour la deuxième fois le concours Rêve de Star est une bonne chose. “Si de grosses compagnies comme IBL entreprennent de telles démarches, cela ne peut qu’aider la musique locale. Je pense également au concours B the nxt star, qui est largement diffusé à la télé et qui nous permet d’apprécier de nouveaux talents. J’ajouterai que la MBC doit aussi faire de la place aux professionnels. Faire découvrir les nouveaux, c’est bien, mais les pros ont aussi besoin de s’exprimer.”
Olivier Nina ajoute que la radio en général a un grand rôle à jouer pour promouvoir la musique non commerciale. “Personnellement, je fais toujours de la place pour ce genre de musique dans ma programmation. Je sais que des gens comme Denis Uckiah le font aussi, mais les autres doivent suivre.” Les deux intervenants souhaitent qu’en 2006, la musique mauricienne continue de progresser.
Concerts. La promotion de la musique locale passe aussi par des concerts. À ce niveau, il y a eu un manquement cruel pour nos artistes ces dernières années. En 2005, on a vu de bonnes initiatives qui resteront dans les annales. Avec des pointures internationales telles que Alpha Blondy, Yannick Noah, Pierpoljak, Daddy Mory et Julian Marley, le niveau des concerts a connu une hausse, surtout en ce qu’il s’agit de la qualité du son. On ne peut oublier, parmi la bonne récolte musicale de 2005, Tété, Les Hurlements de Léo ainsi qu’Éric Triton et Awadi. Et comme en 2004, les meilleurs concerts de 2005 sont des initiatives d’organisateurs privés. Le ministère concerné accumule encore du retard dans ce sens.
Il se peut que beaucoup ne partagent pas cet avis, mais le concert qui a marqué l’année 2005 est Reggae Donn Sa, avec Pierpoljak et Daddy Mory en tête d’affiche. Organisé par OSB Co. Ltd et Live N Direk Entertainment, ce festival a permis au grand public de découvrir la bête de scène Daddy Mory. Il a marqué cette manifestation par sa prestation gargantuesque. Ce concert comprenait aussi la participation des artistes locaux Otentikk Street Brothers, Tian Corentin et Natir (Samarel). Le seul événement roots qui a laissé un goût d’inachevé est celui du fils de la légende du reggae, Julian Marley. Lors de son passage à Rose-Hill, il n’a pu séduire le public mauricien, malgré une sonorisation impeccable.
En ce qu’il s’agit des artistes venant de la Grande Péninsule, on retiendra les concerts d’Alka Yagnik, Sonu Nigam (Stade Anjalay), Shaan, Anu Malik et Sunidhi Chauhan comme ceux qui ont marqué la scène locale avec des tubes bollywoodiens. Alors qu’Harry Anand n’a pas fait grande impression lors de son passage chez nous.


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