Berty Fleury - Reggae consciencieux
June 22, 2006 · Print This Article
À l’heure où le reggae fustige et dénonce le “système”, Berty Fleury en propose une nouvelle approche, avec des textes plus sensibilisateurs que rebelles. Si l’idéologie demeure la même, le concept change.
Dans quelques semaines, il lancera son premier album. Batteur à l’origine, Berty Fleury s’est tourné vers la composition et le chant suite à un événement marquant. Il vient de finir l’enregistrement et se charge en ce moment du mixage et du mastering du disque. Sous la supervision de Georges Corette, l’album de Berty Fleury, dont le titre sera connu ultérieurement, est un moyen de dire les choses de manière différente, avec plus de recul et d’objectivité. La critique est facile, l’art est difficile. Pour le chanteur, ce disque est plus une exposition d’idées et de pensées qu’une dénonciation ou une revendication.
Concept musical. Sur le plan musical, Georges Corette, qui signe l’arrangement du disque, explique que le travail a été effectué de manière particulière. Le but est de donner une couleur différente à la partition. Ce disque à la vibration roots est, ainsi, auréolé d’autres sonorités, notamment de blues, de gospel ainsi que de rythmes des Caraïbes. Ayant le souci de la qualité et un sens aigu du rythme, Georges Corette explique que le concept derrière ce présent disque a nécessité des mois de préparation. “Il faut avoir une conscience musicale pour pouvoir produire quelque chose de bien. À Maurice, ce facteur et le matériel adéquat font défaut. Mais, si on se donne le temps, on peut livrer un ouvrage de qualité à la fin. Richard Hein est un des rares à le faire ici”, dit Georges Corette.
Liniversite. S’il est dit que la prison, au lieu de réformer, rend l’humain marginal, Berty Fleury est un exemple du contraire. La prison lui a permis de vaincre ses démons et de reconstruire une vie meilleure, après avoir connu l’univers du pénitencier pendant plus de deux ans. “En prison, on t’offre le meilleur comme le pire. Le choix t’appartient”, dit-il. La musique, ajoute le chanteur, fut un havre de paix, le bouclier qui l’empêcha de tomber dans les dérives après la prison. C’est par le biais de ce médium artistique qu’il a pu s’intégrer dans la société. “Ma réinsertion s’est faite à travers la musique. Faut dire que j’ai beaucoup écrit en prison. C’était mon échappatoire.”
Autobiographie. Cet album est une sorte de confession, l’artiste y raconte son passé. Des expériences vécues ou des situations observées qu’il décortique et analyse après coup. Ce sont ces éléments qu’il distille dans ses compositions. Tout écrit est autobiographie, dit-on. Cette maxime semble convenir à l’auteur de l’album. Le disque est, ainsi, un genre de thérapie, une repentance de ses erreurs de jadis. Certains titres y font référence de manière subtile et élégante.
Produit par Freeman Production (Selven Moothoocarpen), l’album sera dans les bacs au mois d’août.
Connexion Maurice/Jamaïque
Sur ce disque, on retrouve une collaboration intéressante : celle des musiciens de Julian Marley. Ces derniers, en concert à Maurice en 2005, ont participé à un titre de l’album. Le bassiste, le batteur et le pianiste de Julian Marley ont enregistré cette chanson le jour de leur départ. Une expérience enrichissante, dit Berty Fleury. “Le son est différent avec eux. C’est une belle collaboration.” Hormis les musiciens jamaïcains, on retrouve une pléiade d’artistes locaux sur l’album : Philippe Thomas, Éric Triton, Chris Joe, David Dupuy et Caroline Auckbarallee apportent aussi leur contribution.


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