SOUND SYSTEM: TRITON/OSB

January 15, 2005 · Print This Article


Choc musical, résonances différentes, message commun : le Bluesy Sound 6tem de la Noël, organisé par les OSB et mené par un Éric Triton impérial, est sans aucun doute le meilleur de l’année. Un pari fou que remportent les Bads Boys de Plaisance.

Le mariage musical s’est effectué dans une ambiance particulière, propre au Round Midnight. Éric Triton et les Otentikk Street Brothers (OSB) ont offert au public mauricien, le jour de Noël, un cadeau chargé d’accords et de sensations. Du blues au ragga, la musique s’est fait arme pacifique pour détruire l’injustice et l’hypocrisie, ainsi que pour clamer avec fougue la fierté d’appartenance à un État insulaire. De Triton à OSB, si le style diffère, le combat reste le même et la connexion des deux calibres a donné un cocktail musical poignant. Un mélange pur et sincère.

Créolité. Éric Triton, au centre de Steve Deville, Gino Chantoiseau, Dario Manick et Jonathan Triton, a lancé les premiers accords swingés. Percutant, tant au niveau du son que des textes, le bluesman a livré un cachet musical autre que celui vu et entendu au Plaza. Sa révolution en musique se fait autour de sa langue, sa fierté d’être Mauricien et son blues. Cette vision rejoint celle des raggamen de Plaisance qui militent pour la créolité. Le jam entre les deux militants de la musique, samedi dernier, a attesté de leur bataille similaire. Certes, une combinaison plus profonde du raggamuffin des OSB et du blues de Triton serait la bienvenue.

L’unité. OSB, accompagné de Natir, et Éric Triton à la guitare solo, ont emboîté le pas à la séance de blues. Le ragga/raggae a pris son envol avec un peu de retenue, mais est demeuré dans le même esprit de partage d’émotions, de messages et de révolte pacifique. Les interprétations solos de Triton, notamment Blues dan mwa et L’unité, furent les moments forts de cette soirée. Quand la lutte pour l’unité s’exprime avec sincérité, ça s’entend autrement. Et quelle émotion quand, les mains unies, le public chanta en chœur et avec le cœur : “Pa guet kouler, relizyon/aret kre divizyon/panse ki nou enn sel nation/a nou pran mem direksyon/pou rod enn sel solisyon…” C’était la victoire de la musique sur l’indifférence et l’hypocrisie qui était célébrée les mains levées vers le ciel. Le bluesman symbolise, autour de cette masse humaine, un instrument unificateur qui fait blueser l’âme et qui unit l’homme, dans un même souffle. L’art vaincra. À la faveur de ce qu’on a vu samedi dernier, au Round Midnight, la victoire est proche. Patience !

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