Rodrigues : Le long chemin d’Island Beat

July 15, 2005 · Print This Article

Créé par Jean-Marc Lisette en 1992, le groupe rodriguais Island Beat a lancé, en décembre dernier, Sime la long, son premier CD. Très populaire dans l’île où elle opère, surtout dans le domaine touristique et les fancy-fairs, la formation propose du séga et du seggae.

Le fruit de la persévérance. C’est ainsi qu’on peut décrire cet album d’Island Beat. “Simin la long a nécessité beaucoup d’investissement tant au niveau personnel - beaucoup de travail au studio - que financier. Mais, on est très fier du produit réalisé presqu’entièrement à Rodrigues. Seuls les pochettes et le pressage des CD ont été réalisés à Maurice”, dit Jean-Marc Lisette, responsable du groupe.

Studio. Il faut le préciser, Island Beat possède son propre studio depuis cinq ans. Ce qui est un avantage et un désavantage en même temps. “Au niveau infrastructurel, on fait face à pas mal de contraintes parce que la même salle est utilisée pour les répétitions et la prise de son de studio. De même, pour nos sorties en concert, nous devons utiliser les mêmes équipements. Malgré cela, nous arrivons à nous arranger. Il faut améliorer, nous sommes déterminés à le faire.”

Déjà, pour Sime la long, le groupe a fait l’acquisition de certains matériels, dont un ordinateur, pour la prise de son et le mastering. “La qualité de nos productions s’est nettement améliorée. Parallèlement, nos musiciens ont mûri. Ce qui me permet de dire que le nouvel album se démarque de ce que nous avons fait dans le passé et qui était, en plus, sur cassette. Je précise également qu’il y avait une grande demande du public rodriguais pour un nouvel album. Sime la long a été bien accueilli. Comme le dit le titre, nous avons mis beaucoup de temps et de détermination pour y arriver. Nous souhaitons que notre travail soit respecté.”

Piratage. Jean-Marc Lisette parle bien entendu du piratage qui, à Rodrigues également, fait beaucoup de tort aux artistes. “Il existe un certain avenir dans le domaine musical à Rodrigues. Il nous faut, toutefois, combattre le piratage qui est en train de nous détruire. On ne peut pas investir énormément pour que notre travail soit exploité par des gens malhonnêtes. La loi doit être plus sévère à ce sujet.”

Toujours déterminé, Jean-Marc Lisette souhaite maintenant aménager un lieu pour favoriser les échanges entre artistes étrangers et ceux de la région. “À ce jour, il n’y a pas de lieu convenable pour organiser des concerts payants. Nous espérons pouvoir louer un terrain à bail du gouvernement régional pour réaliser ce projet. Par ailleurs, beaucoup de groupes font appel à nous pour la réalisation de leurs albums. En ce moment même, nous avons quatre albums en studio.”

Parlant des goûts des Rodriguais, Jean-Marc Lisette soutient que, comme à Maurice, c’est le ragga et le reggae qui accrochent. Il précise : “Le public rodriguais est, cependant, très exigeant. Il n’acceptera pas n’importe quel produit et exige la qualité.”

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