Meera Mohun aux carrefours des cultures
April 15, 2005 · Print This Article
Mon cœur épris, son duo avec Dominique Barret, est diffusé sur les ondes tous les jours. Une fois de plus, Meera Mohun confirme comme étant une chanteuse universelle dépassant toutes les barrières linguistiques et s’adaptant à tous les styles.
Dans son churidar de couleur pourpre, Meera Mohun rayonne de par son sourire et la chaleur humaine qu’elle dégage. Plus que cela, elle est de nouveau sous les feux des projecteurs avec Mon cœur épris, morceau figurant sur le dernier album de Dominique Barret où elle donne la réplique au chanteur réunionnais. Le 30 avril, elle sera sur la scène de la Citadelle, aux côtés des autres artistes de Geda Music pour un spectacle qui promet.
En janvier dernier, dans le cadre de la conférence des SIDS, elle a chanté en duo avec Benjam sur Mélodies contre le sida. Emballé par cette expérience, le raggaman réunionnais a fait à nouveau appel à Meera Mohun, pour chanter cette fois sur son nouvel album. “Pas plus tard que la semaine dernière, Benjam m’a appelé pour me parler de ce projet.” Parlant de Mélodies contre le sida, la chanteuse dit sentir le besoin de participer à de tels projets. “En tant qu’artiste, je me sens bien quand je contribue à une cause. Cela démontre également que la musique ne sert pas uniquement à faire la fête, mais aussi à servir des causes. Personnellement, j’aurais souhaité que ce soit toujours ainsi.”
Devoir. Meera Mohun lance ainsi un appel aux artistes mauriciens pour que plus d’attention soit accordé aux textes. “Le rôle d’un chanteur est de faire passer des messages. Qu’il soit dit de manière stricte ou humoristique, qu’on danse ou qu’on rit, l’important est que le message passe. L’expression est notre arme, notre voix est notre outil, ne la gaspillons pas. Il est vrai que quand on investi, on doit arriver au moins à rentrer dans ses frais, mais ne pensons pas uniquement à l’aspect commercial.” La chanteuse cite en exemple la chanson Donn to lame pran mo lame des frères Gowry qui, trente ans après, est toujours d’actualité. “S’il avaient fait un morceau pour dire n’importe quoi, je ne crois pas que les Mauriciens s’en souviendraient encore.”
Parlant de la chanson avec Dominique Barret, Meera Mohun déclare : “Tous ceux qui ont entendu le morceau ont fait beaucoup d’éloges. Quand j’ai rencontré Dominique, il m’a dit qu’il voulait que ma voix se présente dans sa chanson comme dans un rêve. Je crois que cet aspect a été respecté et réussi lors du mixage.” Avec le lancement de l’album prévu pour la semaine prochaine par Geda Music, Meera Mohun espère que Mon cœur épris sera mieux médiatisé. Elle confie également n’avoir eu que deux heures en studio pour travailler la chanson. “Je ne connaissais même pas la mélodie.”
Authenticité. Parlant du succès du séga indo-mauricien à La Réunion, Meera Mohun est d’avis qu’il s’agit d’une grande preuve d’ouverture. “Plus que cela, même sur Télé Réunion, on donne des films indiens et pas n’importe lesquels !” Tout en encourageant le partage et le métissage dans la musique, Meera Mohun est d’avis qu’il faut savoir également préserver l’authenticité. Elle parle particulièrement pour la chanson bhojpuri. “De nos jours, on entend plus de séga en bhojpuri. Or, la chanson bhojpuri est un folklore mauricien avec ses identités propres. Tout comme pour le séga, il y a le séga moderne et le séga typique. Il faut faire attention que la chanson bhojpurie ne perde son authenticité, son côté folklorique.”
À ce sujet, la chanteuse estime que la Mauritius Society of Authors (MASA) est en train de réaliser un travail très important au niveau du répertoire oriental. “Un consultant en la personne de Deepak Nobin a été engagé pour cela. Avec son expérience au niveau de la radio, il sera certainement d’une grande aide pour la MASA.” Par ailleurs, Meera Mohun est d’avis que les chanteurs locaux dans le registre oriental commencent à prendre conscience de l’importance de la MASA pour la protection de leurs œuvres. “Je crois que la MASA sous la direction de Gérard Louise a fait ses preuves. Les artistes sont maintenant plus confiants à se tourner vers elle.”
À l’écoute. Une des références de la chanson féminine, Meera Mohun reçoit régulièrement la visite de jeunes pour des conseils. “Je suis prête à aider n’importe qui.” Récemment, elle a reçu la visite de jeunes de l’Université de Maurice qui réalisaient un devoir sur la musique mauricienne. “Nous avons longuement discuté. Les jeunes m’ont dit leur déception par rapport à la qualité et aux textes de certains morceaux. Ils m’ont dit qu’ils aimaient beaucoup la musique mauricienne, mais que, souvent, ils sont déçus. Ils ont cité en exemple certains mots qu’ils trouvent dégrandants et qui n’aident pas à faire avancer la société. Je crois que c’est là un signal fort que les jeunes veulent nous envoyer.”
La chanteuse en profite pour lancer un message à ceux qui n’osent pas encore s’affirmer. “Je suis sûr qu’il y a beaucoup de valeurs sûres qui sont encore inconnues. Jetez-vous à l’eau, sortez de vos réserves, nous avons besoin de vous pour assurer la relève.”
Dominique Barret : “J’étais bouleversé par ce qui se passait”
Mon cœur épris restera comme un morceau qui a marqué la carrière de Dominique Barret. Sa rencontre avec Meera Mohun n’était pas prévu, mais la chanteuse mauricienne est venue apporter comme un rayon de soleil dans le travail de l’artiste. “J’étais en train de travailler et à un certain moment, il y avait comme un vide sur la chanson. C’est mon parolier qui m’a donné l’idée d’inclure une voix orientale.” Comme l’enregistrement devait avoir lieu au GL Records, Dominique Barret se renseigne auprès de Gérard Louis. “Il m’a tout de suite aiguillé sur Meera. Nous avons organisé un rendez-vous directement en studio. J’ai donné le texte en français à Meera et je lui ai demandé de traduire la partie qu’elle trouve le plus intéressante. La mélodie est sortie comme ça. J’étais bouleversé par ce qui se passait. Elle m’a ému.”
Dominique Barret est d’autant plus heureux que Mon cœur épris marche très fort à La Réunion. “La chanson est actuellement N°1 sur l’une des radios les plus populaires de l’île.” Le 30 avril, les deux chanteurs se retrouveront pour la première fois sur scène. “J’ai également un grand concert à La Réunion le 10 juin et je souhaite que Meera puisse venir.”
Parlant de la vague Bollywood qui a gagné l’île-sœur, Dominique Barret soutient que cela a été rendu possible grâce au support médiatique. “Mais, personnellement, je préfère la musique sacrée indienne aux tubes de Bollywood.”
Si ou di oui
Ce sixième album de Dominique Barret, sur lequel figure le morceau Mon cœur épris, a été lancé à la Réunion dans le cadre de la fête de la Saint Valentin. Et pour cause, le chanteur y confirme sa facette romantique. Après Pô ou mamzel qui avait connu un succès immense dans l’océan Indien, Dominique Barret avait un défi à relever. “Si ou di oui, la chanson titre, a déjà fait la réussite commerciale du disque et elle est devenue en quelques semaines la chanson qu’on diffuse désormais dans les mariages avec les marches traditionnelles”, écrit Le Journal de l’île de la Réunion (JIR).
Si ou di oui sera disponible sur le marché mauricien la semaine prochaine. La distribution est assurée par Geda Music.
Mon cœur épris, son duo avec Dominique Barret, est diffusé sur les ondes tous les jours. Une fois de plus, Meera Mohun confirme comme étant une chanteuse universelle dépassant toutes les barrières linguistiques et s’adaptant à tous les styles.
Dans son churidar de couleur pourpre, Meera Mohun rayonne de par son sourire et la chaleur humaine qu’elle dégage. Plus que cela, elle est de nouveau sous les feux des projecteurs avec Mon cœur épris, morceau figurant sur le dernier album de Dominique Barret où elle donne la réplique au chanteur réunionnais. Le 30 avril, elle sera sur la scène de la Citadelle, aux côtés des autres artistes de Geda Music pour un spectacle qui promet.
En janvier dernier, dans le cadre de la conférence des SIDS, elle a chanté en duo avec Benjam sur Mélodies contre le sida. Emballé par cette expérience, le raggaman réunionnais a fait à nouveau appel à Meera Mohun, pour chanter cette fois sur son nouvel album. “Pas plus tard que la semaine dernière, Benjam m’a appelé pour me parler de ce projet.” Parlant de Mélodies contre le sida, la chanteuse dit sentir le besoin de participer à de tels projets. “En tant qu’artiste, je me sens bien quand je contribue à une cause. Cela démontre également que la musique ne sert pas uniquement à faire la fête, mais aussi à servir des causes. Personnellement, j’aurais souhaité que ce soit toujours ainsi.”
Devoir. Meera Mohun lance ainsi un appel aux artistes mauriciens pour que plus d’attention soit accordé aux textes. “Le rôle d’un chanteur est de faire passer des messages. Qu’il soit dit de manière stricte ou humoristique, qu’on danse ou qu’on rit, l’important est que le message passe. L’expression est notre arme, notre voix est notre outil, ne la gaspillons pas. Il est vrai que quand on investi, on doit arriver au moins à rentrer dans ses frais, mais ne pensons pas uniquement à l’aspect commercial.” La chanteuse cite en exemple la chanson Donn to lame pran mo lame des frères Gowry qui, trente ans après, est toujours d’actualité. “S’il avaient fait un morceau pour dire n’importe quoi, je ne crois pas que les Mauriciens s’en souviendraient encore.”
Parlant de la chanson avec Dominique Barret, Meera Mohun déclare : “Tous ceux qui ont entendu le morceau ont fait beaucoup d’éloges. Quand j’ai rencontré Dominique, il m’a dit qu’il voulait que ma voix se présente dans sa chanson comme dans un rêve. Je crois que cet aspect a été respecté et réussi lors du mixage.” Avec le lancement de l’album prévu pour la semaine prochaine par Geda Music, Meera Mohun espère que Mon cœur épris sera mieux médiatisé. Elle confie également n’avoir eu que deux heures en studio pour travailler la chanson. “Je ne connaissais même pas la mélodie.”
Authenticité. Parlant du succès du séga indo-mauricien à La Réunion, Meera Mohun est d’avis qu’il s’agit d’une grande preuve d’ouverture. “Plus que cela, même sur Télé Réunion, on donne des films indiens et pas n’importe lesquels !” Tout en encourageant le partage et le métissage dans la musique, Meera Mohun est d’avis qu’il faut savoir également préserver l’authenticité. Elle parle particulièrement pour la chanson bhojpuri. “De nos jours, on entend plus de séga en bhojpuri. Or, la chanson bhojpuri est un folklore mauricien avec ses identités propres. Tout comme pour le séga, il y a le séga moderne et le séga typique. Il faut faire attention que la chanson bhojpurie ne perde son authenticité, son côté folklorique.”
À ce sujet, la chanteuse estime que la Mauritius Society of Authors (MASA) est en train de réaliser un travail très important au niveau du répertoire oriental. “Un consultant en la personne de Deepak Nobin a été engagé pour cela. Avec son expérience au niveau de la radio, il sera certainement d’une grande aide pour la MASA.” Par ailleurs, Meera Mohun est d’avis que les chanteurs locaux dans le registre oriental commencent à prendre conscience de l’importance de la MASA pour la protection de leurs œuvres. “Je crois que la MASA sous la direction de Gérard Louise a fait ses preuves. Les artistes sont maintenant plus confiants à se tourner vers elle.”
À l’écoute. Une des références de la chanson féminine, Meera Mohun reçoit régulièrement la visite de jeunes pour des conseils. “Je suis prête à aider n’importe qui.” Récemment, elle a reçu la visite de jeunes de l’Université de Maurice qui réalisaient un devoir sur la musique mauricienne. “Nous avons longuement discuté. Les jeunes m’ont dit leur déception par rapport à la qualité et aux textes de certains morceaux. Ils m’ont dit qu’ils aimaient beaucoup la musique mauricienne, mais que, souvent, ils sont déçus. Ils ont cité en exemple certains mots qu’ils trouvent dégrandants et qui n’aident pas à faire avancer la société. Je crois que c’est là un signal fort que les jeunes veulent nous envoyer.”
La chanteuse en profite pour lancer un message à ceux qui n’osent pas encore s’affirmer. “Je suis sûr qu’il y a beaucoup de valeurs sûres qui sont encore inconnues. Jetez-vous à l’eau, sortez de vos réserves, nous avons besoin de vous pour assurer la relève.”
Dominique Barret : “J’étais bouleversé par ce qui se passait”
Mon cœur épris restera comme un morceau qui a marqué la carrière de Dominique Barret. Sa rencontre avec Meera Mohun n’était pas prévu, mais la chanteuse mauricienne est venue apporter comme un rayon de soleil dans le travail de l’artiste. “J’étais en train de travailler et à un certain moment, il y avait comme un vide sur la chanson. C’est mon parolier qui m’a donné l’idée d’inclure une voix orientale.” Comme l’enregistrement devait avoir lieu au GL Records, Dominique Barret se renseigne auprès de Gérard Louis. “Il m’a tout de suite aiguillé sur Meera. Nous avons organisé un rendez-vous directement en studio. J’ai donné le texte en français à Meera et je lui ai demandé de traduire la partie qu’elle trouve le plus intéressante. La mélodie est sortie comme ça. J’étais bouleversé par ce qui se passait. Elle m’a ému.”
Dominique Barret est d’autant plus heureux que Mon cœur épris marche très fort à La Réunion. “La chanson est actuellement N°1 sur l’une des radios les plus populaires de l’île.” Le 30 avril, les deux chanteurs se retrouveront pour la première fois sur scène. “J’ai également un grand concert à La Réunion le 10 juin et je souhaite que Meera puisse venir.”
Parlant de la vague Bollywood qui a gagné l’île-sœur, Dominique Barret soutient que cela a été rendu possible grâce au support médiatique. “Mais, personnellement, je préfère la musique sacrée indienne aux tubes de Bollywood.”
Si ou di oui
Ce sixième album de Dominique Barret, sur lequel figure le morceau Mon cœur épris, a été lancé à la Réunion dans le cadre de la fête de la Saint Valentin. Et pour cause, le chanteur y confirme sa facette romantique. Après Pô ou mamzel qui avait connu un succès immense dans l’océan Indien, Dominique Barret avait un défi à relever. “Si ou di oui, la chanson titre, a déjà fait la réussite commerciale du disque et elle est devenue en quelques semaines la chanson qu’on diffuse désormais dans les mariages avec les marches traditionnelles”, écrit Le Journal de l’île de la Réunion (JIR).
Si ou di oui sera disponible sur le marché mauricien la semaine prochaine. La distribution est assurée par Geda Music.


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