Jump of joy
July 15, 2005 · Print This Article

Découvert lors du Jump Around Youth Concert 2004 (JAYC), Joy Ramcharitar a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui lors de l’édition de cette année. Ce jeune musicien qui veut se donner les moyens de réussir est avant tout un homme patient. Conscient que tôt ou tard son heure viendra. Parcours du cowboy local, un rien romantique.
Le déclic pour la musique lui vient à travers une mandoline. Après avoir visionné un film dans lequel Shah Rukh Khan jouait de cet instrument. Sous le charme de l’instrument plutôt que de l’acteur, Joy décide du haut de ses 13 ans de s’y mettre. Il se donne alors toutes les peines du monde pour arriver à jouer de cet instrument. Il réussira sa tâche, mais la mandoline, bien qu’étant au diapason, fut trop lourde. Il ne laisse pas tomber la musique pour autant. Mettant de côté la mandoline, il touche à d’autres instruments, notamment l’harmonica, le piano et la guitare. Le dernier instrument devenant au fil du temps son compagnon fidèle. Il passera quatre ans au conservatoire François Mitterrand pour se perfectionner au maniement de l’instrument à six cordes. Aujourd’hui, à 25 ans, Joy Ramcharitar se donne le temps de réaliser ses projets musicaux.
Parcours. Ce dessinateur de bijou, métier demandant de la justesse, à la limite de la perfection, est forcément… perfectionniste. Une déformation professionnelle, semble-t-il. Il n’aime rien faire à la va-vite. Chaque étape demande des préliminaires appropriés. On parle bien de musique là. C’est clair… C’est à l’âge de 20 ans qu’il commence à se produire, dans un premier temps tout seul, pour le compte du ministère des Arts et de la Culture, puis avec un groupe pour qui il compose la musique d’un court-métrage, Maamta, destiné à un concours initié par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC), en 2001. C’est en 2003 que le chanteur de Triolet monte sa propre formation musicale, Fusion 5, aujourd’hui devenue Black Fusion. Si, au départ, les influences du groupe furent des reprises indiennes à la sonorité métissée, au fil des recherches, il a connu de nouvelles étapes, diversifiant ainsi son répertoire. De Guns N Roses à Kaya, le chanteur affiche un goût éclectique.
Brassage. De mère indienne et de père mauricien, il dit représenter un brassage de cultures qu’il entretient au quotidien. Ce brassage passe aussi par la coexistence du catholicisme et de l’hindouisme chez lui. “Comme ma mère est catholique et mon père hindou, je n’intéresse aux deux religions, souligne l’artiste. Membre de la chorale de Notre Dame de Fatima, Triolet, depuis 5 ans, Joy se dit être plus catholique qu’hindou. “Je ne renie pas pour autant mes origines, mais disons que je suis plus catholique”, avance Joy Ramcharitar.
Sortir du lot. Le JAYC, véritable tremplin pour les jeunes, fut une belle occasion pour le groupe de Triolet de sortir de l’ombre. À la lumière de sa première prestation lors de cette manifestation musicale, Black Fusion a révélé un talent naissant. À la faveur du succès que remporte le groupe lors du JAYC 2004, la bande à Joy récidive l’année suivante. Le succès est une fois de plus au rendez-vous. Le groupe se distingue par sa musique, ses textes - un mélange humoristique de français et de créole - ainsi que par l’attention particulière qu’attache le chanteur en ce qu’il s’agit de l’habit et du maquillage. Un peu pompeux, diraient certains, mais il a le mérite d’oser sortir du lot. L’originalité prime. Et c’est ça l’essentiel dans la démarche de l’artiste.


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