DADDY MORY/PIERPOLJAK - Remuer que sur du reggae

August 15, 2005 · Print This Article

OSB Co. Ltd remet ça après Alpha Blondy et présente un autre concert d’envergure, avec Pierpoljak et Daddy Mory en tête d’affiche, le 13 août, à Réduit. Les deux artistes internationaux retracent, lors d’entretiens accordés à WES par téléphone de France, leurs parcours respectifs, leurs projets et leurs attentes du festival Reggae Donn Sa.

Pierpoljak et Daddy Mory, quelle affiche pour le premier festival Reggae Donn Sa ! Deux artistes reconnus, aussi rebelles et pacifiques que leur musique. L’un, aiguisé comme une lame, tranche les mots qui résonnent sur un dancehall bombaklat. L’autre, né dans les rues de Paris, se sent dépareillé, déraciné et fait ce qu’il veut avec l’amour. Mélangez le tout avec une dose de sonorités roots d’ici et vous obtenez Reggae Donn Sa. Les deux invités se disent prêts à tout donner pour que le reggae resonne au Réduit. “On va faire péter l’histoire”, dit Pierpoljak dans un éclat de rire.

Tournée. Avant Maurice, les deux artistes seront en tournée en Europe et dans les îles. “Je tourne en France et aux Antilles pour la promotion de mon dernier album - Dancehall Time - avec mon groupe Dub Quad, formé en 2002, qui comprend un batteur, un bassiste, et deux claviéristes”, souligne Daddy Mory. Pierpoljak, pour sa part, valse entre studio et scène. “Je suis en studio pour l’enregistrement de mon prochain album, dont la sortie est prévue pour janvier 2006, et en tournée en France et en Guyane notamment. Je serai aussi en concert le 6 août, au Portugal, avant de venir chez vous.” À l’heure actuelle, il est en Jamaïque pour l’enregistrement de son prochain album. Un album qui serait, aux dires de l’auteur, très éclectique par rapport à ses quatre autres. “Il y aura des sonorités haïtiennes, un rock du genre Led Zep - Tiens, tiens ! Les premières influences refont surface - ainsi que des featurings avec Elephant Man, reggaeman jamaïcain, et une ballade avec Tiken Jah Fakoly, entre autres”, souligne Pierpoljak. S’il ne s’avance pas à dire que cet album possède plus de maturité que les autres, il dit tout simplement “qu’il dégage une bonne vibe.” Pierpoljak promet d’en distiller un avant-goût au public mauricien lors du festival.

Influences/inspiration. Si, au début, Pierpoljak était plus influencé par le punk, c’est une cascade d’événements qui fait qu’il s’est retrouvé dans l’univers roots. “Ce qui ma attiré vers le reggae, c’est le rythme. J’aime beaucoup la rythmique du reggae roots”, dit-il. Avec Police, qui faisait à l’époque un peu de reggae, ainsi que Clash, groupe anglais, il se tourne peu à peu vers cette tendance roots. Il précise toutefois que c’est à travers Burning Spears et Tenor Saw, un chanteur jamaïcain mort dans les années 80, qu’il a commencé à faire du reggae. Il y a aussi Bob Marley, forcément. “Quand on est dans le reggae, on est obligé d’être inspiré par lui. Marley, c’est une église… C’est plus que du reggae, il va plus loin que ça. C’est pas uniquement faire danser les gens. Bob, c’est le pilier du reggae”, dit-il, et d’ajouter : “Mais, c’est en écoutant les Rolling Stones et en regardant Mick Jagger que j’ai voulu être chanteur.”

Pour Daddy Mory, ses plus grandes influences restent Daddy Colonel, Papa San et surtout Lieutenant Stichie et Azrock. Du hip hop, il passe au ragga dancehall et s’installe comme le meilleur toaster avec Big Red au sein de Raggasonic. Le duo se sépare toutefois en 1999. Une suite logique selon Daddy Mory. “J’avais toujours envie de travailler en solo. Et c’est venu naturellement”, dit-il. Après la cassure, dit-il, le public l’attendait au tournant. “Les gens aiment ça, ils aiment qu’un artiste soit entier. Qu’il ne se cache pas derrière une formation pour se faire connaître. Et le feedback fut positif. Ils savent maintenant que je suis un artiste. J’ai fait mes preuves”, dit Daddy Mory. À la question de savoir si un come-back de Raggasonic est envisageable, il répond : “C’est possible… J’y pense. J’ai toujours des contacts avec Big Red. Je sais ce qu’il fait et, lui, ce que je fais. C’est pas tous les jours dans ma tête, mais j’aimerais bien que cela se fasse un jour.” Le message est lancé à Big Red.

Combinaison. Si les deux artistes n’ont jamais fait une chanson ensemble, ce n’est pas l’envie qui leur en manque. “Ça me tente. Mais il faut avant tout avoir une bonne raison de le faire et aussi une bonne chanson”, dit Pierpoljak. Idem pour Daddy Mory : “On n’a pas fait de combinaison mais des concerts ensemble. Ça reste à faire. J’ai déjà fait deux titres sur une compil qu’il a produite et il va bientôt poser sur une compil que je vais produire.” Les deux artistes disent se respecter suffisamment pour franchir le pas et faire un titre ensemble. “Pierpoljak, c’est un grand ami, un gars pour qui j’ai un grand respect”, dit Daddy Mory. Sentiment réciproque de celui qui ne veut pas qu’on l’appelle rasta blanc. “C’est un gars que je respecte. C’est un vétéran comme moi. Je l’apprécie beaucoup. Je pense que du bien de lui. J’ai toujours aimé ce qu’il fait. Depuis Raggasonic jusqu’à maintenant.”

Reggae Donn Sa. Daddy Mory en est à sa première visite sur notre île. “J’ai fait des concerts à La Réunion avec Raggasonic en 96 et en solo, en 2004. Ce premier concert chez vous, je l’aborde de manière très positive. Je suis dans un état d’esprit très positif pour ce festival.” Le grand voyageur qu’est Pierpoljak en est, quant à lui, à sa deuxième visite chez nous. “Je suis venu une fois en vacances et j’ai beaucoup aimé. J’ai aussi découvert la musique d’ici.” Du seggae ? “Pas trop ! C’est après la mort de… Kaya que j’ai entendu parler du seggae… La version reggae du séga…”, dit-il. Ce concert, ajoute Pierpoljak, sera ainsi une bonne occasion pour lui de découvrir cette musique. “J’ai aussi envie de connaître les groupes, leur musique, tout ce qui se fait ici”, dit-il. Pour le concert, Pierpoljak avance que ça va “exploser”. “Je serai en live avec une bête d’orchestre. Et, avec Daddy Mory, on va faire un bon délire sur scène.” Et ce dernier conclut dans le même état d’esprit : “Big up Maurice, à tous les noirs, blancs, jaunes et rouges. Je vous aime. Et dites-vous que Daddy Mory arrive bientôt.”

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