Au nom du rap : Hardcore
October 15, 2005 · Print This Article

Ils sont dix, ont une moyenne d’âge de 20 ans et ne jurent que par le rap. Issus majoritairement de Baie du Tombeau, ils n’ont qu’une seule idée en tête, sortir un album.
Influencé par des groupes de rap français tel IAM, Hardcore a commencé à chanter en français au tout début. Par la suite, ils ont préféré s’exprimer dans leur langue maternelle. “Notre influence par rapport au rap français a fait que nous avons commencé à rapper en français. Après, on a vu qu’on pouvait le faire en créole, ce qui était un grand plus”, confie Brian Volcy, alias Anemophis.
Obstacles. Le groupe vient de fêter ses cinq années d’existence et essaie tant bien que mal de se frayer un chemin dans la musique locale. Au début, ils n’étaient qu’à cinq mais, par la suite, d’autres membres s’y sont joints pour former le groupe soudé qu’ils sont aujourd’hui. Les dix compères nous expliquent que la route est longue, mais qu’ils sont déterminés à voir le bout du tunnel. “Notre gros problème, c’est le financement du projet. Il ne nous manque que cela pour pouvoir faire une percée”, relatent-ils. Preuve que la volonté seule ne suffit pas à contourner les obstacles.
Appel. Se produisant souvent dans les fancy-fairs et d’autres fêtes, Hardcore n’a toujours pas trouvé un producteur. C’est tout ce qu’il leur manque pour pouvoir faire une percée, se persuadent-ils. En fait, le groupe a assez de chansons dans son escarcelle pour faire deux albums et a d’ores et déjà choisi les morceaux qu’il voudrait faire connaître au public. “On a composé environ 25 chansons jusqu’à présent et on continue à écrire”, dit Brian Volcy. Toutefois, sans un coup de pouce du destin, le but ne sera peut-être pas atteint. C’est la raison pour laquelle les membres de Hardcore lancent un appel à tout producteur intéressé à leur donner leur chance.
Aucun d’entre eux n’est musicien, mais le rythme, ils l’ont en eux. “C’est un copain à nous qui mixe notre musique sur ordinateur”, disent-ils. Ceci dit, le rap ne nécessite pas forcément du talent de musicien. Du talent, ils en ont, c’est indéniable. En parcourant quelques-uns de leurs titres, on comprend tout de suite pourquoi ils croient en eux. Leurs textes ont de la profondeur, à l’instar de la chanson Violence domestic qui vous arrache le cœur.
Non-violence. Loin des injures et des scènes violentes que l’on retrouve souvent dans les clips vidéo de rap international, Hardcore se dit contre la violence, malgré son appellation. “Les gens tendent à associer le rap à la violence et la vulgarité. On ne veut pas se situer dans cette tranche-là. On veut changer cette perception”, dit Brian Volcy. D’ailleurs, dans leur chanson Rap pa ene menace, on a un petit aperçu de la politique du groupe. “Arrete guette mwa couma dir ene assassin ene meurtrier. Arrette juge mwa par façon ki mo habiller”, lâchent-ils dans ce titre.


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